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Les écritures anciennes de la Méditerranée

Guide critique des ressources électroniques

Éblaïte

- Seconde moitié du XXIVe siècle av. J.-C. - seconde moitié du XVIIe siècle av. J.-C.

par: Amalia Catagnati (traduit par Nicole Maroger)


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Le système graphique utilisé à Tell Mardikh – Ébla, en Syrie, durant la période protosyrienne (XXIVe siècle av. J.-C.) est une variété de cunéiforme du milieu du IIIe millénaire, semblable aux variétés attestées en Mésopotamie (de Kish, au nord, jusqu’à plusieurs sites sumériens au sud) et dans la Syrie orientale, à Mari (Tell Hariri) et à Nabada (Tell Beydar), mais en même temps distincte de celles-ci.
Comme ce système était déjà connu au moment de la découverte archéologique des archives du Palais G (1974-1975), il n’a posé aucun problème de déchiffrement. Les études se sont donc concentrées, et se concentrent encore aujourd’hui, sur les particularités, relatives au syllabaire et à l’usage des logogrammes, d’un système graphique complexe qui a subi des adaptations pour pouvoir représenter une langue sémitique non mésopotamienne.
La paléographie et le syllabaire des quelques textes cunéiformes retrouvés à ce jour à Tell Mardikh datant d’époques postérieures à celle du Palais G, cet-à-dire l’inscription dédicatoire sur la statue du roi Yibbiṭ-Lim (XXe siècle av. J.-C.) et les tablettes du XVIIe siècle av. J.-C., témoignent d’une discontinuité très nette par rapport à la tradition précédente alors qu’il sont assimilables à ceux qui étaient utilisés à la même époque à Mari et à Alalakh (Tell Atchana).


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Index

Découverte des textes d’Ébla et lieux de leur mise au jour

Exploré à partir de 1964 par la Mission de l’Université de Rome “La Sapienza” dirigée par Paolo Matthiae, le site de Tell Mardikh (situé en Syrie à 60 km environ au sud-ouest d’Alep) a révélé les vestiges de l’ancienne Ébla. Ce centre urbain connut un premier essor important durant la période protosyrienne moyenne (env. 2600 – 2300 av. J.-C.) qui se termina par un incendie qui détruisit le Palais Royal (Palais G). À nouveau un violent incendie eut raison de la ville qui, entre temps, s’était reconstruite (env. 2300 – 2000 av. J.-C.). Sa troisième et dernière renaissance eut lieu au cours de la période paléosyrienne archaïque et moyenne (env. 2000 – 1600 av. J.-C.), avant sa destruction définitive par les Hittites. Durant son histoire millénaire, Ébla devint à plusieurs reprises un important centre international : une princesse de la première Ébla fut donnée en épouse au roi de Kish, la seconde Ébla était bien connue du roi de Lagash Gudea et on trouve une preuve de l’importance d’Ébla après sa troisième reconstruction dans l’Epica della liberazione, texte bilingue rédigé en hourro-hittite découvert à Hattusa.

Les textes du Bronze Ancien
Palazzo Reale G (A. Archi, SMS 5/2, fig. 1)

Des textes cunéiformes du IIIe millénaire ont été découverts dans huit salles de la partie occidentale du Palais Royal G. La majorité d’entre eux était conservée dans ce que l’on nomme les Grandes Archives (C), où se trouvaient aussi les lots retrouvés dans le secteur de la Cour des Audiences (D, F), tandis que des archives de moindre importance (B, E) et d’autres lots de tablettes (A, G, H) se trouvaient jusqu’à 40 mètres au nord et 60 mètres au sud des Grandes Archives.
Les 42 premières tablettes ont été trouvées en 1974, avec une bulla, sur le sol d’une salle du Quartier Administratif, en L.2586 (A). Il s’agit de textes administratifs concernant en particulier des métaux précieux. (MEE 1.1-39; Archi 1986: 75 s., 1996: 65; Biga 1988: 285-287).
En L.2712, dénommé les Petites Archives (B), une salle au nord-ouest de la Cour des Audiences, on a retrouvé environ 250 textes administratifs concernant des denrées alimentaires. (MEE 1.40-620; Archi 1986: 73-75, 1996: 64 s.; Milano 1988: 288-290).
Les plus importants archives du Palais G, en L.2769 (C), aménagés sous le portique dans la partie ouest de la Cour des Audiences, contenaient des textes de typologies diverses (administratifs, épistolaires, diplomatiques, lexicaux, littéraires), disposés presque tous sur trois rangées d'étagères en bois accotées à trois des murs. (Archi 1986: 77-86, 1996: 60-62).
Non loin de L.2769, dans le vestibule L.2875, se trouvait un lot de tablettes plus petit (D), avec des lettres, des décrets royaux et des textes administratifs agricoles ; la mise au jour d’outils d’écriture (des fragments de styles en os et un petit lisseur en pierre) laisse supposer que dans cette salle on  écrivait sur des tablettes d’argile. (MEE 1.6246-6518; Archi 1996: 62 s., 1986:76 s.; Biga 1988: 291-299).
Dans une cour intérieure du Quartier Administratif, en L.2764, dans ce que l’on nomme les Archives Trapézoïdales (E), se trouvaient plusieurs dizaines de textes administratifs de contenus différents, dont beaucoup très fragmentaires. (MEE 1.621-654; Archi 1986: 75, 1996: 63 s.; Biga 1988: 300-304)
Au centre de la Cour des Audiences, en L.2752 (F), 22 tablettes administratives traitant de sujets divers, dont certaines mélangées à des fragments trouvés en L.2769, ont été découvertes sur une table brûlée. (Archi 1996: 61 s., 1986: 76; Biga 1988: 305 s.)
Des tablettes étaient présentes également dans d’autres parties du Palais G: le Quartier Méridional a livré en 1982, en L.3143, L.3462 et L.3474, 5 textes administratifs (G) (Archi 1993), tandis que 15 tablettes (H) ont été trouvées en 2004 dans deux salles, L.8496+L.8778 et L.8495, aménagées le long de la cloison est de la Salle du Trône L.2866.
Les fouilles du Palais Royal G ont permis de répertorier près de 17.000 objets à chacun desquels a été attribué un numéro d’inventaire. On peut supposer qu’à l’origine le nombre total des tablettes s’élevait à environ 4.000. La grande majorité des textes témoigne de l’élaboration formelle de la langue sémitique locale due, d’après des critères qui leur étaient propres, à des scribes sémitophones qui connaissaient aussi les textes, tant sémites que sumériens, provenant des lointaines aires mésopotamiennes.
Les textes du Bronze Moyen
L’inscription dédicatoire sur le torse de la statue du roi d’Ébla Yibbiṭ-Lim, découverte en 1968 (TM.68.G.61), datable vraisemblablement du XXe siècle av. J.-C., est le plus ancien des rares documents que nous possédions pour accéder à la langue sémitique parlée à Ébla au cours du Bronze Moyen, période durant laquelle la ville connut un épanouissement sans précédent comme en témoigne la documentation de la culture matérielle.
Un très petit nombre de documents écrits de la période d’Alalakh VII (XVIIe siècle av. J.-C.) ont été découverts à Ébla.
L’un de ces derniers, écrit sur une tablette d’argile, est une courte lettre paléobabylonienne concernant des travaux agricoles. On signale aussi de très courtes inscriptions sur un sceau et sur une coupe, ainsi que quelques autres découvertes durant les dernières campagnes de fouille.
J.-R. Kupper, Une tablette paléo-babylonienne de Mardikh III, Studi Eblaiti 2, Roma (1980), pp. 49-51.


Les tablettes du Bronze Ancien

La comparaison entre des tablettes contenant des textes de différentes typologies montre que les scribes du Palais Royal G d’Ébla agissaient selon des règles bien précises, y-compris la tendance à la standardisation des formats des tablettes elles-mêmes. L’analyse de ces formats peut fournir des informations utiles à la reconstitution de la chronologie relative aux documents d’Ébla et au repérerage du travail des différents (groupes de) scribes.

Les principaux formats peuvent être décrits de la manière suivante (Pettinato, MEE 1, p. XVII; Archi 1996: 73 s.):

a) tablettes arrondies, de petites et moyennes dimensions;

b) tablettes carrées, à l’arête des bords émoussée et aux angles arrondis, de moyennes et grandes dimensions ;

c) tablettes carrées, à l’arête des bords nette et aux angles droits, de grandes et très grandes dimensions.

De très rares exceptions concernent TM.75.G.2414 (= MEE 15.29), une liste lexicale sumérienne monolingue à la forme très allongée, contenant seulement deux colonnes, présentant chacune 43 cases sur la face et anépigraphe sur le revers. (Archi 1992: 16; Picchioni 1997: 94-96 e Tav. VII).

Quant aux dimensions des tablettes, on distingue:

1) des tablettes de petites dimensions, de forme arrondie rappelant une miche de pain ou lenticulaires, de 2 à 7 cm de diamètre ;

2) des tablettes de petites et moyennes dimensions, carrées, aux bords et aux angles arrondis, de 7 à 10 cm de côté ;

3) des tablettes de moyennes dimensions, carrées, aux angles arrondis, de 10 à 18 cm de côté ;

4) des tablettes de grandes dimensions, carrées, aux angles droits, de 18 à 26 cm de côté ;

5) des tablettes de très grandes dimensions, carrées, aux angles droits, de 26 à 37 cm de côté.


Traditions et typologies textuelles

À l’exception des inscriptions royales, Ébla a livré des textes cunéiformes appartenant à toutes les typologies textuelles. Il est utile de différencier d’une part les textes de la tradition locale de ceux de la tradition mésopotamienne et, d’autre part, les textes de la pratique des textes littéraires.
Le noyau principal est constitué par les textes locaux et, parmi ceux-ci, la majeure partie comprend des documents se référant à des événements qui ont eu lieu à Ébla même ou dans des aires limitrophes intéressant l’élite éblaïte durant la période des archives. Il s’agit principalement de plusieurs milliers de comptes rendus administratifs, mais aussi de lettres, de rituels et de documents divers (traités, décrets, etc.) qui avaient une base juridique commune (ARET XI, XIII, XVI). Ce matériel fournit d’importants renseignements quantitatifs et qualitatifs sur la situation économique, politique et sociale du royaume d’Ébla et, plus en général, des royaumes syriens. Mais on signale quelques textes littéraires locaux, telles les incantations sémitiques se référant à des cultes syriens (ARET V). Comme on pouvait s’y attendre, les textes de tradition non locale forment un groupe beaucoup plus restreint. En fait, il s’agit de textes de la tradition mésopotamienne au contenu surtout religieux (ARET V : incantations sumériennes, mais aussi compositions sémitiques de forme littéraire, tels des hymnes à des divinités) ou lexical (MEE 3, 15 : listes sumériennes de la tradition d’Uruk et de la tradition de Fara). Cependant, parmi ces listes, les listes bilingues suméro-éblaïte (MEE 4) occupent une place à part, à mi-chemin entre les textes de la tradition locale et ceux de la tradition mésopotamienne.: Ces textes appartiennent à des traditions non locales mais présentent tout de même une forte réélaboration qui s’est opérée vraisemblablement sur place à Ébla. Ces listes énumèrent des termes sumériens, organisés selon le principe acrographique, souvent traduits (plus exactement glosés) par des termes sémitiques locaux. Plus généralement, tous ces textes de tradition mésopotamienne réélaborés à Ébla fournissent un accès privilégié aux pratiques des scribes du Palais G, dont le nombre semble singulièrement réduit par rapport à celui des grands centres mésopotamiens du IIIe millénaire. Quant aux typologies textuelles, les documents administratifs forment le groupe principal dans toutes les archives et dans tous les lots de tablettes du Palais G. Les textes traitant de la distribution des denrées alimentaires en particulier (ARET IX, X) étaient conservés en L.2712, les listes reportant les quantités de céréales relativement aux lieux de production faisaient partie d’un lot de tablettes trouvées en L.2764, des listes de distribution de jarres de vin se trouvaient dans des salles de l’aile sud du Palais G (SMS 5/2). Par contre, les archives centrales L.2769 + L.2752 n’étaient pas spécialisées. À côté de textes littéraires, lexicaux, de chancellerie (lettres, décrets royaux, donations) et des rituels auxquels ont participé les deux deux derniers rois d’Ébla, ces archives abritaient des documents administratifs de genres divers (ARET I, II, III, IV, VII, VIII, XII, XV; MEE 2, 7, 10, 12), concernant essentiellement la comptabilité des textiles et des métaux, mais aussi la comptabilité agricole (culture et élevage). Si on considère plus en détail tous ces textes, les plus anciens, c’est-à-dire les compte rendus mensuels des textiles (RMT), sont inscrits sur des tablettes carrées (16-18 x 19-21 cm), aux angles droits, plates sur la face et bombées en leur milieu sur le renvers, tandis que les plus récents se caractérisent par l’augmentation des dimensions des tablettes (jusqu’à 20 cm de côté environ) et par une écriture plus serrée. Quant aux compte rendus annuels des métaux (RAM), les plus anciens sont inscrits sur de grandes tablettes rectangulaires aux angles émoussés (20 cm de côté environ) alors que les dimensions des tablettes des RAM les plus récents augmentent (jusqu’à 32 cm de haut sur 37 cm de large) et que leurs angles deviennent droits, même si elles conservent leur convexité aux deux-tiers du revers. Les enregistrements annuels des métaux et des textiles sont transcrits sur des tablettes de dimensions moyennes (13 x 16 cm environ), aux angles émoussés et bombées sur le revers, tout comme les compte rendus des produits agricoles transcrits toutefois sur des tablettes qui n’avaient pas été cuites. Les compte rendus mensuels de distribution d’ovins sont transcrits sur des tablettes semblables légèrement plus grandes (19 x 22 cm environ). Les listes lexicales sont inscrites sur des tablettes (en général de 15 x 17 cm) aux angles droits et bombées au revers, caractérisées par leur fabrication à partir d’argile pure et par une graphie des signes très soignée. Bien cuites, ces tablettes recopiaient fidèlement les listes sumériennes dans la quantité de colonnes de la face et dans la présence, au revers, seulement du colophon qui rappelait, dans la majorité des cas, le nom du scribe éblaïte.


Le système graphique

Les termes des textes cunéiformes éblaïtes du IIIe millénaire ont été écrits en utilisant aussi bien des syllabogrammmes que des logogrammes.

Les syllabogrammmes sont normalement utilisés pour noter des termes de la langue sémitique locale, que ce soit des noms propres (le nom de personne Ìr-kab-da-mu, le nom de lieu Ib-laki, le nom divin dRa-sa-ap et le nom de mois Ig-za) ou des noms communs (ʾà-da-umtúg, "manteau"; da-mu, "sang; souche"; du-ba-lum, "pâturage"; wi-rí-gúm, "jardin, potager"), des pronoms (an-da, "tu"), des adjectifs (ra-gu, "fin, maigre"), des prépositions (si-in, "à, vers; pour"), des conjonctions (ù, "et"), des adverbes (a, "où?") ainsi que des formes verbales conjuguées ou déclinées (ne-sa-bar, "nous envoyons" ; wa-ba-lu, "porter"; mu-da-li-gú, "celui qui bouge continuellement").
On observera en particulier que:

- Ìr-kab-da-mu équivaut à Yirkab-damu, "La descendance/souche a triomphé”: le nom de l’avant-dernier roi d’Ébla (dans lequel on peut reconnaître les termes rakābum, "monter", ici dans le sens de “triompher”, et damum, "sang", ici dans son acception de “descendance/souche”) est écrit à l’aide d’un syllabogramme du type V(oyelle)C(onsonne), ìr, un syllabogramme du type CVC, kab, et deux syllabogrammes du type CV, da et mu ;

- du-ba-lum devrait équivaloir à dubrum, "pâturage" (sens suggéré par l’équivalence dans la liste lexicale bilingue suméro-éblaïte ú-síg = du-ba-lu et par le rapprochement avec le sémitique *dubr-): on notera dans ce cas l’usage de lum pour exprimer /rum/ et  l'usage d’un signe de type Ca (ici -ba-) pour exprimer la seule consonne /b/;

- mu-da-li-gú équivaut à muhtallikum dérivant de *muhtanlikum (participe tn/1 du verbe halākum, "aller"): tandis que l’absence de notation pour la double trouve des comparaisons dans les textes akkadiens, l’usage de pour exprimer /k/, et de gu pour exprimer /q/ (comme par exemple dans l’équivalence lexicale suméro-éblaïte níg-sal = ra-gu, "fin, maigre") est un trait typique du syllabaire utilisé à Ébla.

Ces cas, comme d’autres (par exemple l’usage de la valeur ru12 du signe EN), illustrent bien certaines spécificités du syllabaire éblaïte et le distinguent des syllabaires sémitiques de la même époque en Mésopotamie. Par contre, on peut observer des traits communs dans la pluralité des lectures de signes (le signe LUM, par exemple, pouvait être lu lum, gúm, núm, ḫum), et la pluralité des valeurs phonétiques pour chaque lecture (par exemple, ʾà-la-gúm, /halāk-um/, "aller", où apparaît la lecture gúm du signe LUM, avec la valeur /kum/). La graphie ne permet pas de distinguer entre consonne sourde, sonore et emphatique, sauf dans certains cas où la tentative d’adapter l’écriture à leur langue (signe gu pour rendre le phonème /q/, distinct de pour les phonèmes /g, k/, voir ci-dessus) est une preuve de l’habileté des scribes éblaïtes.   

Certains sumérogrammes apparaissent avec une fonction de déterminatif dans quelques uns des termes sémitiques énumérés plus haut : ki, "lieu", dans Ib-laki, dingir, "dieu", dans dRa-sa-ap et túg, "tissu", dans ʾà-da-umtúg.

Comme cela se produit toujours dans des documents écrits par des scribes sémitophones, à Ébla également un grand nombre de termes sémitiques sont en effet notés par des termes sumériens considérés correspondants (le but pratique des listes lexicales bilingues suméro-éblaïtes était justement de fournir les équivalents locaux des sumérogrammes utilisés dans les textes de la pratique éblaïtes, comme par exemple dans le cas de šeš-mu = a-ḫu-um, "frère"). L'emploi de sumérogrammes s’étend aussi à des mots très communs et très fréquents comme : en “roi”, ninda “pain”, níg-ba "don", šu-mu-taka4 "livrer". Le pluriel des sumérogrammes est noté à travers leur répétition (lugal-lugal "les seigneurs", dumu-nita-dumu-nita "les fils", giš-gígir-sum-giš-gígir-sum "les chars de transport"). Quoique plus rares, les sémitogrammes n’en sont pas moins attestés. Certains peuvent être définis comme des akkadogrammes, c’est-à-dire des graphies à l’aspect clairement sémitique traitées toutefois plus comme des logogrammes que comme des termes écrits syllabiquement. En sont des exemples certaines graphies se terminant par la désinence du génitif (bu-di "broche"; na-se11 "personne, gens", dont le vocalisme s’oppose à celui du terme éblaïte correspondant, *nišum), d’autres graphies se terminant sans désinence (li-im "clan") et d’autres encore qui se présentent normalement avec la désinence du nominatif  (ma-lik-tum "reine", da-mu "descendance/souche"). Au pluriel, tous ces sémitogrammes sont répétés deux fois, traités en cela comme des sumérogrammes.