Mnamon

Les écritures anciennes de la Méditerranée

Guide critique des ressources électroniques

Chypro-minoen

- (fin du XVIe siècle - XIe siècle avant J.-C.)

par: Anna Cannavò (traduit par Nicole Maroger)


  • Présentation
  • Approfondissements


Tablette d’argile en Chypro-minoen 2, Enkomi, XIIIe-XIIe siècle avant J.-C. Paris, Musée du Louvre.


Le terme chypro-minoen indique un ensemble d’écritures présentant entre elles des liens et des affinités, attestées en particulier à Chypre durant l’âge du Bronze final (1600 – 1050 av. J.-C.). L’expression “chypro-minoen”, créée par Arthur Evans en 1909 et depuis lors acceptée et utilisée à l’unanimité (bien que le nom de Linéaire C ait été également proposé et parfois employé), manifeste une parenté directe entre ces écritures et l’écriture crétoise (Linéaire A), même si les chercheurs ne sont pas encore tous d’accord sur ce point.
À l’heure qu’il est, le chypro-minoen n’est toujours pas déchiffré. En l’absence de documents bilingues, et en raison aussi du nombre restreint de textes (217, dont toutefois moins d’une dizaine présentent une extension significative), toute tentative d’interprétation même partielle a échoué.
À partir des documents disponibles, quatre écritures différentes ont été identifiées:
chypro-minoen archaïque, ou chypro-minoen 0 (CM 0), attesté par un seul document, une tablette provenant d’Enkomi de la fin du XVIe siècle avant J.-C., qui contient trois lignes d’écriture (au total 23 signes); c’est l’écriture chypro-minoenne qui révèle le plus grand nombre d’affinités avec la Linéaire A.
chypro-minoen 1 (CM 1), attesté pendant toute la durée de l’âge du Bronze final à Chypre et à Ougarit: il est représenté par différents types de textes, la plupart très brefs, sur différents supports.
chypro-minoen 2 (CM 2), représenté par quatre tablettes en argile fragmentaires provenant d’Enkomi et remontant au XIIIe – XIIe siècle avant J.-C.: elles offrent des textes d’une certaine longueur, en écriture continue, rédigés par une main apparemment experte.
chypro-minoen 3 (CM 3), attesté par des textes du XIIIe siècle avant J.-C. provenant exclusivement d’Ougarit; ils trahissent l’influence de l’alphabet cunéiforme ougaritique.
Les inscriptions chypro-minoennes apparaissent sur différents supports: les tablettes et les cylindres en argile offrent en général les textes les plus longs, tandis qu’en principe les inscriptions gravées sur les boules en argile ou les poids métalliques comptent peu de caractères. On a découvert aussi des inscriptions sur de l’ivoire, sur de la céramique, etc. Parmi les principaux chercheurs à s’être occupé des écritures chypro-minoennes, on citera Emilia Masson, Paolo Meriggi, Thomas G. Palaima, Nicolle Hirscheld et Jean-Pierre Olivier; on doit à ce dernier le tout récent et très attendu corpus de textes chypro-minoens, avec une édition critique de tous les documents connus ainsi qu’une analyse extensive et la systématisation de tous les répertoires de signes (JEAN-PIERRE OLIVIER, Édition holistique des textes chypro-minoens, avec la collaboration de Frieda Vandenabeele [Biblioteca di «Pasiphae» VI], Fabrizio Serra Editore: Pisa – Roma 2007).


Voir les ressources en ligne de l’écriture.

Ressources en ligne