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Les écritures anciennes de la Méditerranée

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Falisque

- VIIe – IIe siècle av. J.-C.

par: Daniele F. Maras (traduit par Nicole Maroger)


  • Présentation
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Falerii Veteres (Civita Castellana), Sanctuaire des "Sassi Caduti". Dédicace votive à Titus Mercurius de la part des édiles: titoi | mercui | efiles (fin du IVe siècle av. J.-C.).


La transmission de l’écriture dans l’aire falisque a eu lieu assez tôt, grâce à l’intermédiaire des Étrusques, et durant les premières phases elle a concerné aussi l’aire de Capena toute proche où on parlait un dialecte vraisemblablement d’origine sabine.

La chronologie de la transmission remonte au plus tard à la fin du VIIe siècle av. J.-C. comme le prouvent les témoignages connus les plus anciens, mais il faut sans doute la faire remonter au moins à la moitié du siècle si l’on prend en compte certains phénomènes graphiques déjà développés dans les premiers textes disponibles.

L’époque est la même que celle où l’on assiste à la codification de l’écriture latine (exception faite du témoignage isolé de la petite jarre d’Osteria dell’Osa) bien qu’elle dérive d’un filon totalement indépendant. Des hypothèses récentes permettent d’affirmer que le centre de Narce a joué un rôle important pour la promotion et la diffusion de l’écriture dans l’aire falisque et de Capena (Maras, sous presse).

Le modèle alphabétique utilisé pour la transcription du falisque est le même que celui qui était alors en vogue pour l’étrusque mais il incluait des signes pour les occlusives sonores (G – D : le B n’apparaît pas encore dans les documents épigraphiques) ainsi que le O – qui en étrusque n’étaient pas nécessaires – et il n’avait pas de signes pour les aspirées (χ θ φ), à part quelques exceptions, généralement récentes, dues vraisemblablement à l’influence de la langue étrusque.

La forme des lettres rappelle plus facilement la tradition graphique de Véiès (la plus proche du point de vue géographique) et en second lieu celle de Cerveteri : il faut remarquer en particulier la forme du S à quatre traits ou plus, typique de l’écriture de Véiès.

En outre, l’influence étrusque est visible dans l’usage du gamma (C) pour marquer aussi bien l’occlusive sourde /k/ (à la place du kappa), que l’occlusive sonore /g/ – comme en latin –, et dans l’usage de qoppa (Q) devant les sons /o/ et /u/. Par contre, le refus du digamma, au profit du simple U même en position antivocalique, est un détail qui distingue l’écriture falisque de l’écriture étrusque.

Enfin, une particularité unique de l’écriture falisque de Capena est le signe en forme de flèche (↑), utilisé pour indiquer la spirante labio-dentale /f/ dès les attestations les plus anciennes et demeuré solidement en usage dans l’épigraphie falisque jusqu’à la romanisation. L’introduction de ce signe résolvait précocement le problème du son manquant, pour lequel l’étrusque a eu recours au digraphe hv (ou vh).

Le F en forme de flèche, le S multilinéaire et quelques présences sporadiques des occlusives aspirées étrusques (theta, chi et phi, sous l’effet de l’influence de l’étrusque) constituent les principales différences de l’écriture falisque des origines par rapport à l’écriture latine; mais, pour ne pas avoir suivi les réformes de l’époque archaïque tardive de l’alphabet latin (comme le sens de l’écriture de gauche à droite et la forme du M à quatre bras), les divergences se multiplient avec le temps, comme le sens de l’écriture de gauche à droite et la forme du M à quatre bras. Il faut en revanche signaler l’évolution du R vers la forme bicaudée de l’écriture latine dès le IVe siècle av. J.-C.

La séquence alphabétique en usage peut être reconstituée comme suit:

a (b) c d e z h i k l m n o p q r s t u f

La direction de l’écriture progresse normalement de gauche à droite mais dans certains graffitis sur des vases on observe souvent aussi la direction inverse.

 


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