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Les écritures anciennes de la Méditerranée

Guide critique des ressources électroniques

Élamite

par: Salvatore Gaspa (traduit par Nicole Maroger)


  • Présentation
  • Les Écritures
  • Approfondissements

L’élamite est la langue parlée en Élam, la région située dans l’Iran du sud-ouest (qui correspond aux provinces actuelles du Khūzestān et du Fārs) entre le IIIe et le Ier millénaire av. J.-C. L’origine du nom élamite donné à la langue est inconnue; en sumérien elle s’appelait eme Elama, “langue de l’Élam”. Le pays de l’Élam était appelé en élamite Hatamti ou Haltamti. La majeure partie des textes qui documentent cet idiome proviennent des villes de Susa (Shush), Persépolis et Anshan (Tall-i Malyan), ainsi que d’autres sites dans le Khūzestān et dans le Fārs. L’élamite n’apparaît rattaché à aucune des langues connues du Proche-Orient ancien, bien que certains spécialistes aient essayé d’analyser de possibles liens avec les langues caucasiennes, altaïques et dravidiennes. L’élamite est une langue agglutinante, caractérisée par un nombre de suffixes très inférieur par rapport au sumérien et au hourrite. Son système flexionnel présente des suffixes et des clitiques nominaux et verbaux. Au cours du Ier millénaire avant notre ère, l’élamite se retrouva sans doute sous l’influence du vieux-perse car de nouveaux morphèmes casuels, des postpositions et des emprunts entrèrent alors dans l’usage. Les noms sont caractérisés par une opposition de genre entre objets animés et inanimés. Une première période historique de la langue pourrait correspondre au fameux proto-élamite attesté à partir du milieu du IVe millénaire jusqu’en 2200 av. J.-C. Cependant cette écriture n’a pas été déchiffrée (pour les détails, se reporter à la fiche du proto-élamite). Dans la langue élamite on peut distinguer quatre variétés dialectales: l’élamite ancien, dont on a des traces sous la domination de la dynastie d’Akkad (env. 2300-2100 av. J.-C.); le moyen élamite, attesté au XIIIe et au XIIe siècle av. J.-C.; l’élamite tardif ou néo-élamite, utilisé durant la dernière période d’indépendance politique du royaume d’Élam (717-640 av. J.-C.); et enfin l’élamite achéménide (fin du VIe-fin du Ve siècle av. J.-C.) qui se développa comme une des langues officielles de l’empire perse. En revanche, il n’y a aucune certitude quant à la disparition de cette langue. La possibilité que l’existence du peuple connu pour être les Élamites à la fin du IIIe siècle puisse être une preuve en faveur de la survie de cette langue fait l’objet de débats. Le premier texte élamite est un traité stipulé entre le roi élamite Hita et le souverain d’Akkad, Naram-Sin (XXIIIe siècle av. J.-C.). D’une manière générale, ce que l’on possède comme documention de cette période apparaît insuffisant et provient presque en totalité de la ville de Suse; à partir du IIIe millénaire av. J.-C., d’autres textes en élamite incluent des textes magiques. La période de l’élamite moyen est documentée par des inscriptions sur des briques en argile, sur des objets en pierre et en métal, et concernent la construction d’édifices religieux et la consécration d’objets aux dieux élamites. Ces textes apparaissent distribués plus largement à travers la région ainsi qu’en témoignent les documents retrouvés à Lyan (Bandar Bushehr), Dur-Untaš (Chogha Zambil) et Kapnak (Haft Tepe). Ils comprennent des inscriptions royales, des centaines de documents économiques provenant de Suse, une vingtaine de lettres provenant de Ninive, la capitale de l’empire assyrien, des textes juridiques, religieux et un texte de présages. L’élamite a continué à être utilisé durant la période achéménide, comme le prouvent les inscriptions royales élamites des souverains achéménides (en particulier la version élamite de l’inscription de Darius Ier sur un rocher à Behistun, près de Kermanshah, qui accompagne les versions en vieux-perse et en akkadien), les nombreuses tablettes en argile à contenu économique et administratif découvertes à Persépolis et dans d’autres sites (à Argištihenele par exemple). Ces tablettes, dont certaines portent aussi des annotations en araméen, constituent la quasi totalité des documents achéménides écrits entre la fin du VIe et le milieu du Ve siècle av. J.-C. et prouvent bien que la langue et l’écriture élamites constituaient encore une partie importante de l’éducation des scribes.



Les Écritures

  1. Élamite
  2. Proto-élamite


Approfondissements

  1. Bibliographie