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Les écritures anciennes de la Méditerranée

Guide critique des ressources électroniques

Sudarabique ancien

par: Alessia Prioletta (traduit par Nicole Maroger)


  • Présentation
  • Les Écritures
  • Approfondissements

Le sudarabique ancien est une étiquette purement géographique désignant un groupe de quatre langues sémitiques attestées à partir de la fin du IIe – début du Ier millénaire av. J.-C. jusqu’à l’avènement de l’Islam dans le Yémen actuel, dans la partie méridionale de la Péninsule arabe. Les langues sudarabiques: sabaique, qatabanique, mainique et hadramawtique, prennent leur nom des quatre royaumes sudarabiques (Sabaʼ, Qatabān, Ma‘in et Ḥaḍramawt), des états tribaux dont les noms ont été transmis aussi par les sources gréco-romaines. Dans la terminologie anglaise, outre Ancient South Arabian, on utilise parfois Old South Arabian et Epigraphic South Arabian. Le savant A. F. L. Beeston préféra inventer le terme de Ṣayhadic, dérivant du désert de Ṣayhad, sur les bords duquel se développèrent les royaumes sudarabiques les plus anciens.

Le sudarabique ancien, traditionnellement inséré par les sémitisants dans le sémitique méridional, fait partie depuis moins de trente ans du sémitique central au même titre que le nordarabique (nordarabique ancien et arabe) et le sémitique du nord-ouest (Cananéen, Araméen, Ougaritique).
Le sudarabique ancien forme une famille linguistique dont les langues (la plupart étaient appelées auparavant dialectes) présentent une série de caractéristiques communes: outre l’écriture, on observe en effet un certain nombre d’isoglosses phonétiques (trois sifflantes sourdes non emphatiques), morphologiques (article suffixe –n), syntaxiques et lexicales.
Mais ces langues présentent aussi des traits distincts qui apparentent seulement certaines langues entre elles ou bien les rendent tout à fait spécifiques. Du point de vue morphologique, l’opposition la plus évidente est celle qui apparaît entre  les formes en s1 (dans les pronoms et dans le causatif verbal) propres au qatabanique, au mainique et à l’hadramawtique, et les formes en h propres au sabaique. Mais des différences plus ou moins marquées sont évidentes aussi dans l’usage des matres lectionis, dans les paradigmes verbaux et pronominaux ainsi que dans le lexique technique.

Le niveau de diversité croissant existant entre ces langues, que l’on voit se profiler grâce aux nouvelles données disponibles et à des études spécifiques entreprises dans des années, est interprété différemment selon les savants. Une première tendance, qui se rattache à l’idée traditionnelle d’après laquelle la culture sudarabique s’est formée à la suite d’une migration de populations en provenance de l’aire syro-palestinienne, voit dans le sabaique la langue la plus récente et la plus innovatrice qui se serait installée sur un substrat linguistique archaïque de type méridional. Une seconde théorie, qui soutient l’idée d’une formation endogène de la culture sudarabique, considère aussi, du point de vue linguistique, que les langues sudarabiques se sont formées à travers un long processus de différenciation à partir d’une phase proto-historique commune.



Les Écritures

  1. Sudarabique ancien


Approfondissements

  1. Bibliographie